L'oreille intérieure

         Des amis ont généreusement proposé de lire à haute voix X, masculin N°08-24. Cette pièce n'est pas terminée, mais cela me permettrait d'entendre le texte, ce qui pour du théâtre peut paraître essentiel. Sur le moment, j'ai accepté avec reconnaissance, mais à la réflexion, même si ma gratitude reste entière, je pense que cette expérience n'est pas très utile.

          Je crains trop que mes lecteurs bénévoles ne veuillent jouer les acteurs, être expressifs, donner au texte sa dimension spectaculaire. Or cela ne concernerait que des effets de surface.

          Bien sûr, la lecture à haute voix permet de repérer des confusions, des répétitions, des longueurs, des erreurs de rythme...Flaubert passait ses textes au "gueuloir" et les lisait à ses amis. Mais je n'en suis pas là.  Et cette lecture à haute voix n'a pas de sens pour moi qui lis, silencieusement, en écoutant mes textes avec une oreille intérieure en quelque sorte. Elle doit bien exister, sinon comment expliquer que Beethoven sourd composait de la musique ? C'est comme si j'étais dans le texte, comme si je me confondais avec lui. Cela n'a rien à voir avec des propositions comme "entrer dans la peau des personnages" ou "vivre l'action". C'est faire l'expérience du dedans de l'écriture.

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