"La neige tombe-t'elle semblablement dans toutes les langues"

          Lecture capitale : L'Autre langue à portée de voix d'Yves Bonnefoy (Seuil, 2013). Un essai (la réunion de plusieurs articles, conférences) sur la traduction ET une ouverture sur l'autre langue, sur l'écriture, comme le dit le titre.

          "La tâche du traducteur n'est pas de capturer la signification, mais d'en retraverser les fourrés en direction de ce qu'elle obstrue.", (p.95).

          Non que la signification soit négligeable, mais elle doit céder le pas au sens, compris comme la question "pourquoi vivre ? Comment, ici, maintenant, le faire ?", 'p.90.

          Revenir à cette expérience fondamentale  de la présence :

          "A des moments, souvent de façon soudaine, quelque chose ou quelqu'un nous apparaît au-delà de la prise des mots qui organisent et gèrent notre conscience du monde. Cette chose, cet être, ils sont là, devant nous, avec tout ce qui en eux est en plus des aspects pourtant nombreux que le langage y projette, autrement dit riches d'un infini, dans leur réalité sensorielle ou autre, que les concepts ne savent pas ni surtout ne veulent savoir.", (p.91).

 

          Cette expérience de la présence, du vivre, je la trouve en écho dans un bref roman traduit du tchouktche par Charles Wenstein, Éleveurs de rennes, d'Omruvié (Autrement, 2000).  C'est aussi ce que donnent les livres de Mario Rogoni Stern et, bien sûr, ceux de Tarjei Vesaas, par exemple.


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